Pour l'Aïd el-Kébir, la grande mosquée de Strasbourg se coiffe d'une coupole

LEMONDE.FR avec AFP | 27.11.09 | 17h16
 
Après des années de controverse et de difficultés, l'édification de la grande mosquée de Strasbourg (GMS) a fait un pas en avant avec la pose de sa coupole, vendredi 27 novembre, jour de la fête de l'Aïd el-Kébir. Dans la matinée, une grue de 500 tonnes a soulevé du sol les 29 tonnes de métal et d'acier de la structure d'un diamètre de 17 mètres pour une hauteur de plus de 10 mètres. Elle a été délicatement posée sur la vaste salle de prière qui accueillera d'ici l'automne prochain au moins 2 000 fidèles.
 
Plusieurs centaines de musulmans réunis sur le chantier de la mosquée ont récité "la prière sur le prophète" alors que le soleil perçait la grisaille lors de ce moment qualifié de "hautement symbolique" par Saïd Aalla, le président d'origine marocaine de la grande mosquée. "Cette coupole est un signe très fort pour la communauté musulmane car elle identifie bien l'édifice et va donner une visibilité de l'islam dans la ville", a-t-il commenté. "Aujourd'hui, on a simplement un lieu de prière sans minaret mais si la communauté le souhaite, elle aura son minaret", s'est engagé l'actuel sénateur-maire PS de Strasbourg, Roland Ries, provoquant des applaudissements nourris de l'assistance. L'armature de la coupole recevra en décembre sa couverture de cuivre.
 
La construction de la grande mosquée, un projet datant de près de vingt ans, a rencontré de nombreuses difficultés politiques et économiques. Roland Ries a rappelé que la délibération avait été adoptée en 1998, "après un vif débat et une évacuation de salle" et dans un climat de très fortes controverses nationales, lors de son premier mandat de maire. Le leader d'extrême-droite Bruno Mégret siégeait dans les tribunes du conseil municipal. Le projet avait été amputé de sa bibliothèque et de son minaret par l'équipe municipale de droite (Fabienne Keller et Robert Grossmann, de l'UMP) qui avait succédé en 2001 à Roland Ries.
 
Interrompu pendant plus d'un an après un contentieux avec le constructeur allemand KKF, le chantier a repris en mai avec la société Demathieu et Bard. Son coût avoisine les 8,7 millions d'euros. Sur les 5 millions déjà investis, "un petit tiers" vient des subventions publiques et 1 million a été versé par le Maroc, qui va faire un effort supplémentaire, selon Saïd Aalla. "Des promesses d'Arabie saoudite et du Koweït doivent se concrétiser bientôt", a-t-il dit. "Le reste provient de dons de la communauté", principalement des quelque 40 000 fidèles strasbourgeois "mais aussi de France et d'Europe", précise le président de la GMS.