Le chantier de la Grande Mosquée de Strasbourg (Photo
DNA-Cédric Joubert)
En Alsace, on estime que la communauté
musulmane, majoritairement turque et maghrébine, compte 120 000 fidèles et une
soixantaine de lieux de culte. A ceux-ci devrait s'ajouter en février ou mars
2011, la Grande mosquée de Strasbourg.
Le chantier de la Grande Mosquée de Strasbourg a connu une succession
de rebondissements et d'interruptions dus à des soucis financiers, ou, cet
hiver, à des intempéries. Elle devrait néanmoins voir le jour en février ou mars
2011, estime Fouad Douai, gérant de la SCI Grande Mosquée de Strasbourg. Dans
les jours à venir les travaux devraient commencer à l'intérieur de l'édifice,
marquant un tournant très attendu.
« Théoriquement, on a bouclé le projet financier », affirme le gérant. Le
coût est estimé à 8,7 millions d'euros. Mais la prudence reste de mise car
certaines promesses de dons « avec engagement ferme » n'ont pas encore été
suivies d'effet. Ces dons encore conditionnels, à hauteur de 1,2 million
d'euros, proviennent de différents pays musulmans. Si Fouad Douai reste
confiant dans le versement de cette somme, il compte toujours sur les dons des
fidèles locaux. « Le ramadan est un mois de générosité. Dès que les échafaudages
auront été retirés, les fidèles seront contents de voir la coupole qui brille de
loin », espère-t-il.
L'islam jouit en Alsace, sous l'influence du Concordat, de conditions
propres à son épanouissement au sein de la République. Les collectivités
territoriales prennent part au quotidien de la communauté musulmane alsacienne.
Municipalité de Strasbourg, conseil général du Bas-Rhin et conseil régional
auront participé à plus d'un quart du budget de construction de la Grande
Mosquée de Strasbourg.
Un cimetière musulman à Strasbourg
Il a en outre été décidé, le 7 juin dernier, que Strasbourg verrait pour la
première fois en France la construction sur initiative publique d'un cimetière
musulman. Avec les carrés confessionnels déjà existants, ce cimetière, qui
devrait être achevé en 2011, permettra aux citoyens musulmans d'être enterrés là
où ils ont vécu, comme un signe fort d'intégration, tout en respectant
l'orientation des corps inhumés en direction de La Mecque.
A l'avenir, les musulmans d'Alsace espèrent que ces particularismes
régionaux devraient permettre -comme c'est le cas pour le catholicisme, le
protestantisme ou le judaïsme en Alsace et en Moselle-, l'enseignement de
l'islam dans les écoles publiques, voire dans une faculté de théologie
musulmane.