 Brice Hortefeux avec, à sa gauche, Mohamed Moussaoui, le président du Conseil français du culte musulman, devant une des tombes profanées.Photo Jean-Marc Loos
Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur, mais aussi, pour l’occasion, des cultes, était hier à Strasbourg, quatre jours après les dégradations du carré musulman du cimetière nord de la capitale alsacienne.
Quelques jours après la lettre invitant les ministres aux économies, c’est en jet privé que Brice Hortefeux est venu, hier, passer 45 minutes à Strasbourg, pour participer au rassemblement de recueillement et de respect organisé par la grande mosquée de la ville après le saccage, dans la nuit de lundi à mardi, de 17 des 61 sépultures du carré musulman. « Obligation horaire. Le ministre tenait à être présent malgré son emploi du temps », justifiait son entourage.
« Je viens au chevet de la France »
Le ministre était accompagné de Mohamed Moussaoui, président du Conseil français du culte musulman, mais aussi de très nombreux élus alsaciens, parlementaires, conseillers régionaux, locaux et municipaux, et également de représentants des cultes juif, protestant et catholique, parmi lesquels Monseigneur Grallet, archevêque de Strasbourg, dont c’était l’une des toutes premières apparitions publiques après sa convalescence.
Brice Hortefeux s’est d’abord rendu devant le carré musulman, où les traces de profanation étaient encore visibles. Dans son allocution, le ministre a ensuite martelé : « De tels actes sont, en réalité, une violation des valeurs de la République laïque dans laquelle nous avons choisi de vivre ». « En me rendant ici, aux côtés de la communauté musulmane, je viens aussi au chevet de la France. En effet, dès qu’une religion est attaquée, dès qu’une confession est visée, c’est la France tout entière, République laïque et respectueuse, qui s’en trouve blessée », a-t-il ajouté.
« Nous sommes attristés et émus lorsqu’un musulman est agressé en raison de son appartenance à l’Islam. Ce sont tous les religieux et tous les croyants qui sont attaqués. Bien plus, c’est l’homme au sens large qui est visé, dans ce qu’il a de plus digne », a déclaré, pour sa part, Roland Ries, sénateur-maire de Strasbourg, en rappelant les autres exactions récentes contre des lieux de culte : « Il en a été ainsi lorsque les tombes du cimetière israélite de Cronenbourg ont été profanées, il y a quelques mois. Il en a été ainsi lorsqu’un acte sacrilège a été commis, il y a peu, à l’église protestante Martin Bucer du quartier de Hautepierre… »
Michel Arnould
Source : L'ALSACE. LE 03/07/2010 |