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Dix-huit tombes d'un carré musulman ont été profanées dans la nuit de lundi à mardi à Strasbourg. Douze stèles ont été renversées, tandis que le ou les auteurs des faits ont renversé ou endommagé des plaques et des décorations sur six autres tombes, a précisé Driss Ayachour, président du Conseil régional du culte musulman d'Alsace.
Aucune inscription n'a été retrouvée sur les sépultures, indique la communauté musulmane, qui dénonce un acte «inqualifiable».
Les faits ont été découverts tôt mardi par un gardien du cimetière, situé dans le quartier strasbourgeois de la Robertsau. Ce carré musulman compte 61 tombes au total. «Cibler ainsi délibérément le carré musulman, c'est inqualifiable, c'est un acte barbare», a déploré Driss Ayachour.
Condamnations unanimes chez les politiques et les religieux
Les condamnations de la municipalité et des représentants religieux étaient unanimes. Le Consistoire israélite du Bas-Rhin et la Communauté israélite de Strasbourg ont assuré «de leur sympathie et de leur soutien les responsables et l'ensemble de la communauté musulmane».
De son côté, le maire socialiste de Strasbourg, Roland Ries, qui s'est rendu sur place dans la matinée, a annoncé que la municipalité prendrait à sa charge les frais de remise en état des sépultures. Un acte «odieux et inadmissible» pour le Parti socialiste qui affirme que «ces actes interviennent dans un contexte de recrudescence de faits à caractère raciste à Strasbourg».
L'UMP a exprimé sa «vive indignation» et qualifié «ces actes de vandalisme ouvertement racistes» d'«intolérables sur le sol» français. Ces actes «exigent la plus grande fermeté des pouvoirs publics, l'identification rapide et la punition sévère des coupables de ce délit», a déclaré le porte-parole adjoint de l'UMP, Dominique Paillé.
De nombreux précédents depuis trois ans
C'est la troisième profanation depuis le début de l'année. Le 7 mai, sept stèles de soldats musulmans morts pour la France lors de la Première guerre mondiale sont profanées dans le carré militaire du cimetière de Tarascon (Bouches-du-Rhône). Une semaine plus tard, des inscriptions racistes visant notamment la communauté harkie sont découvertes sur trois tombes musulmanes du cimetière de Vienne (Isère).
En avril 2008, 148 tombes du cimetière militaire Notre-Dame-de-Lorette avaient été recouvertes d'inscriptions injurieuses visant directement l'islam et la garde des Sceaux de l'époque, Rachida Dati. Une tête de porc avait été pendue à l'une des tombes. La même année, en décembre, de très nombreuses tombes musulmanes du même cimetière étaient profanées avec des inscriptions et des tags. En octobre 2009, des symboles nazis avaient été découverts sur les huit tombes de soldats marocains tués lors de la Seconde Guerre mondiale et enterrés dans le cimetière communal de Montjoie-Saint-Martin (Manche).
Strasbourg est la première ville en France à avoir annoncé, début juin, la création d'un cimetière confessionnel musulman sous gestion publique. Celui-ci devrait voir le jour à l'automne 2011. La Grande Mosquée organisera une cérémonie «de mémoire et de respect» vendredi.

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