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PARIS, 2 déc 2009 (AFP) - L'ancien ministre des Affaires étrangères et président de la Chambre de commerce franco-arabe, Hervé de Charette, a défendu mercredi l'essor de la finance islamique en France, affirmant que la laïcité, au nom de laquelle certains s'y opposent, n'avait "pas de place" dans le débat.
"La laïcité n'a pas sa place dans le débat", a fait valoir M. de Charette lors d'une conférence de presse annonçant la création de l'Institut français de finance islamique.
"Nous ne pouvons pas tomber dans une polémique de seconde zone", a-t-il ajouté. "C'est le mot islamique qui pose question auprès d'une partie de l'opinion qui ne connaît pas le sujet", a encore estimé M. de Charette.
Pour M. de Charrette, la finance islamique "est une question qui intéresse le développement économique mondial et notre développement". Elle pourrait servir à financer en France des PME ou des projets des collectivités locales, a-t-il soutenu.
Le développement en France d'une finance conforme aux principes de la "charia" (loi islamique), défendu par la ministre de l'Economie Christine Lagarde, suscite des oppositions à gauche au nom du principe de la laïcité.
Le député PCF André Gerin, qui préside une commission sur la burqa, avait critiqué début octobre l'introduction de principes de la finance islamique dans le droit français, idée qui braque aussi des députés socialistes.
Un amendement à la loi sur les PME visant à permettre en France des émissions obligataires islamiques (sukuk) a été adopté le 17 septembre par l'Assemblée, mais il a été censuré par le Conseil d'Etat, saisi par le parti socialiste, au motif qu'il était dépourvu de tout lien avec l'objet du texte.
La finance islamique, qui interdit le recours aux intérêts, la spéculation, et les investissements considérés comme impurs (jeu, alcool, armement, pornographie, tabac...), est encore embryonnaire en France.
Paris accueillera mercredi prochain le IIIe Forum français de la finance islamique. Le programme prévoit que la ministre de l'Economie Christine Lagarde en prononce le discours inaugural. |