
La coupole en cuivre de la mosquée a été posée fin août. (Photo DNA - Bernard Meyer)
Une coupole de cuivre vient d'être posée sur le dôme de la mosquée de Kehl. Après deux ans de chantier, la communauté musulmane espère bientôt en voir le bout.
Derrière les voies ferrées, on passait ses deux minarets emballés dans leur échafaudage sans les voir. Une coupole de cuivre posée sur le toit attire désormais les rayons du soleil. Sur le terrain au bout du parking-relais où la première pierre a été posée il y a deux ans en juillet, la mosquée de Kehl sort de l'ombre.
Devant la future entrée, deux flèches de cuivre attendent le passage de la commission de sécurité. Si tout est en ordre, elles devraient « bientôt » être fixées sur la partie supérieure de chacun des minarets, qui feront alors 31 m de haut - pas plus que les églises des alentours. « A ce moment là, on la verra encore plus », sourit Ibrahim Altintas, secrétaire de l'association islamique de Kehl, porteuse du projet.
Depuis le début du ramadan et la pose de la coupole, il profite de ses congés pour travailler sur le chantier et emmène les curieux -des croyants français en majorité- faire le tour du propriétaire lorsqu'ils arrivent jusqu'au site. La visite se fait parfois en langue des signes, les fidèles kehlois étant en majorité d'origine turque, et leur voisins alsaciens, d'Afrique du Nord.
Le toit est presque terminé, les fenêtres et l'électricité sont posées
En cette fin d'été, le toit est (presque) terminé, les fenêtres et l'électricité, posées, la façade, crépie. Au rez-de-chaussée, qui doit notamment abriter une salle pour le thé, une bibliothèque et le bureau de l'association islamique de Kehl, on s'attaque au carrelage des salles d'eau. Le chauffage par le sol doit être posé dans la semaine.
A l'étage, dans la salle de prière qui occupe une grande partie du premier niveau, les fidèles-ouvriers ont installé six grands tapis pour prier, en attendant l'aménagement définitif. Au bout du câble qui pend du dôme devrait être suspendu un grand lustre circulaire, et les murs décorés de marbre sur un mètre de hauteur. A condition de trouver les fonds nécessaires.
Faut-il encore le rappeler ? A Kehl aussi, le projet de mosquée n'est pas né de la dernière pluie. L'association a racheté le terrain actuel situé dans l'emprise de l'ancienne gare de marchandise à la ville en 2005.
Règlement d'urbanisme en main, la ville s'opposait à la construction d'un premier lieu de culte (1 400 m², minarets de 35 m) sur le site de l'ancien cinéma des forces françaises dans le quartier de Kreuzmatt. L'association, qui n'a bénéficié d'aucune subvention, a dû revoir sa copie.
Les fidèles construisent la future mosquée à la force de leurs bras : l'association réalise par elle-même le plus de prestations possible pour rester dans son budget (1,2 million d'euros). Elle finance les matériaux et les travaux qu'elle ne peut pas réaliser seule.
Des entrepreneurs croyants, qu'ils soient musulmans ou d'une autre religion, donnent aussi un coup de main. « Les murs du rez-de-chaussée ont été crépis par une entreprise de Colmar, explique Ibrahim Altintas. M. Nussbaum, de Bodersweier, chez qui de nombreux membres de la communauté travaillent, nous fournit l'ascenseur. »
Le chantier avance ainsi en fonction des disponibilités de l'un et des autres. Les travaux, qui auraient dû être terminés l'an dernier, pourraient s'achever « à la fin de l'année », espère-t-on au sein de la communauté.
A.G.
© Les Dernières Nouvelles d'Alsace - 09/09/2009 |