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STRASBOURG, 18 mai 2009 (AFP) - La construction de la grande mosquée de Strasbourg, interrompue pendant 14 mois en raison d'un contentieux avec un constructeur, a repris sous les auspices des responsables musulmans et des élus des collectivités locales. L'édifice, conçu par l'architecte italien Paolo Portoghesi qui a déjà signé la grande mosquée de Rome, devrait ouvrir ses portes aux fidèles d'ici 12 à 14 mois, ont indiqué Saïd Aalla, président de l'institution, et Fouad Douai, maître d'ouvrage. M. Aalla, d'origine marocaine, a souhaité faire de cette institution "l'un des hauts lieux de la spiritualité à Strasbourg" et il a insisté pour que cette mosquée soit "ouverte à l'ensemble des fidèles, quelles que soient leur origine, leur religion ou leur ethnie". Ce "pari architectural" est aussi "la reconnaissance de l'islam" dans notre société, s'est-il félicité. La construction sera mise hors d'eau d'ici la fin de l'année, quand la coupole, une vaste structure en acier habillée de staff et recouverte de cuivre, sera achevée. La salle de prière, d'une capacité de 1.500 personnes, est de forme octogonale et possède huit grands piliers de 13 mètres de haut. La coupole, portée par des arcs métalliques, aura un diamètre de 17 m et une hauteur de 20 m. "Les câbles suspendus formeront comme un tapis volant", a noté un architecte. Le coût de la mosquée est évalué à 8,5 millions d'euros dont les collectivités locales assurent 26% (10% pour la ville de Strasbourg, et 8% chacun pour la Région Alsace et pour le Conseil général). Cependant, il manque actuellement 2 millions d'euros pour boucler le financement et les responsables sollicitent les fidèles et les pays étrangers pour récolter des dons. "Le Koweït a déjà donné une réponse positive de principe", a Fouad Douai. Le président de la Région Alsace, Adrien Zeller (UMP), s'est réjoui que "la société multiculturelle, multireligieuse s'inscrive maintenant dans la pierre". Pour le sénateur-maire de Strasbourg, Roland Ries (PS), "c'est à nous qu'il revient d'aider les musulmans à construire leurs lieux de cultes, comme pour les autres confessions", afin, a-t-il dit, "d'inviter la religion musulmane à la table de la République". La construction, assurée initialement par la société allemande KKF, est relancée avec la société française Demathieu et Bard.
AFP |