« La main dans la main, on arrive loin », commente Mohamed Choukri, un des fondateurs de l'association Grande Mosquée de Strasbourg, qui rappelle que cet édifice, la communauté musulmane de Strasbourg en rêve depuis 1964. Au siège, impasse du Mai, c'est jour de fête en ce 20 mars... 2009 : le chantier du Heyritz, en souffrance depuis plus d'un an, peut redémarrer grâce à l'accord trouvé avec un nouveau constructeur.
Sur le précieux document de ce nouveau marché, Fouad Douai, président de la SCI Grande Mosquée, a posé sa signature à côté du paraphe de Didier Jacquet, directeur de l'agence strasbourgeoise de Demathieu et Bard. Tout ceci sous le regard attentif d'Eric Hartweg, en charge du dossier à la SERS (société d'économie mixte, satellite de la CUS). Cette dernière prête en effet son concours et ses compétences aux porteurs du projet.
8,6 millions d'euros
Le président de la mosquée Saïd Aalla a salué les efforts conjoints de tous les partenaires, ainsi que des « fidèles et amis de la mosquée, notamment les représentants des cultes reconnus qui ont apporté leur soutien de longue date à la réalisation de cet édifice ». Et d'ajouter : « Nous voulons que tous les citoyens strasbourgeois se l'approprient, les uns comme leur lieu de culte, les autres comme patrimoine architectural. »
Fouad Douai a remercié ensuite chaleureusement la Ville, le conseil général et le conseil régional « qui ont bien voulu augmenter leur participation pour faire face au surcoût généré par l'arrêt du chantier (*) ». En clair, la Ville subventionnera toujours 10% du projet, mais ce dernier est passé de 6,1 M € (coût total) à 8,58 M €. « Ce réajustement de la subvention sera débattu et voté au conseil municipal d'avril avec des garanties bancaires données par la Ville », explique Olivier Bitz, adjoint en charge des cultes.
Dix ans après...
« Le 12 avril 1999, le conseil municipal adoptait la première délibération pour le principe de construction d'une mosquée à Strasbourg », poursuit l'adjoint au maire. « Dix ans plus tard, on va prendre un nouveau départ en sortant ce projet de l'ornière. » « J'en suis heureux, car la visibilité de la communauté musulmane est un projet important pour tous les Strasbourgeois. »
D'un point de vue pratique, le nouveau maître d'oeuvre explique qu'il n'y a pas de difficultés majeures à reprendre le gros oeuvre sur un édifice laissé en souffrance, même après une année. « En revanche, un constat a été dressé des travaux réalisés déjà par Karl König pour les différencier de l'intervention à venir de Demathieu et Bard », explique Didier Jacquet. Reprise des travaux pour début mai.