Sur le site du Heyritz, les fondations sont terminées. Au sol, le ferraillage dessine l'emplacement des murs. Le bloc sanitaire se dresse, seul, le long du quai Jean-Pierre Mayno.
Casque sur la tête, Fouad Douai, président de la SCI Grande Mosquée de Strasbourg, montre le futur emplacement du mihrab : « C'est là que se tiendra l'imam ». Au milieu du mur sud-est, en direction de La Mecque.
Côté nord, une poignée d'ouvriers de l'entreprise de BTP Karl Koenig s'attellent à la construction du premier des huit piliers de béton. Ces demi-croissants hauts de 18 m soutiendront la charpente métallique sur laquelle reposera la coupole. Le premier servira de test (pluie, gel...) pour les sept autres.

Fouad Douai, président de la SCI Grande Mosquée de Strasbourg, se veut rassurant : il réfléchit déjà à la décoration de la salle de prière.
Don de 30 000 ? de la mosquée d'Evry
Créé par l'architecte italien Paolo Portoghesi, l'édifice abritera une salle de prière de 1000 m², une mezzanine de 250 m² réservée aux femmes, ainsi que 650 m² de bureaux. En attendant, tables et chaises ont été installés dans l'un des préfabriqués qui fait office de salle de réunion près de l'entrée du chantier.
Les travaux avancent tranche par tranche, au soulagement des porteurs du projet. La première partie des trois subventions votées a été versée. Et pendant le ramadan, la quête s'intensifie au sein de la communauté. « On vient de recevoir 30 000 ? de la mosquée d'Evry », se félicite Fouad Douai, qui salue au passage la mobilisation des fidèles strasbourgeois: 500 donateurs se sont manifesté depuis le début du ramadan cette année.
Mais le chantier a pris du retard et ne sera livré qu'en juillet 2008, soit trois mois après la date initialement prévue. L'entreprise allemande admet sa responsabilité : des « problèmes techniques et administratifs » ont ralenti la progression des travaux, indique Javier Palancares, en charge du chantier chez Karl Koenig. Le retard ne devrait toutefois pas occasionner de surcoût, a-t-il laissé entendre.
Côté budget, Fouad Douai table sur un dépassement « de 5 à 10 % » par rapport aux 6,1 millions d'euros initialement prévus. L'augmentation du prix des matières premières, ainsi qu'une série de « surprises » - des dépenses non prévues, la dernière a coûté 80 000 ?, soit le prix du raccordement au chauffage urbain - viennent alourdir la facture, explique le président de la SCI.
Le financement reste à boucler
Pour mémoire, les subventions accordées par la Ville, qui a également cédé le terrain, le conseil général et le conseil régional, couvrent respectivement 10 et 8 % du montant initial.
La délicate équation du financement refait surface. A la question « combien reste-t-il à verser ? », Fouad Douai préfère répondre qu'il est « à jour dans les paiements », après avoir raccroché avec un banquier.
Impossible de savoir si les 2 millions d'euros avancés par la société allemande de BTP qui avaient permis le démarrage des travaux ont déjà été remboursés. Pour Javier Palancares, « il n'y a pas de problème » de financement.
Seule certitude : près d'un an après le début du chantier rue Averroès, comme elle s'appelle désormais, pour l'instant, les travaux continuent.