Dans une déclaration dimanche soir, quelque 300 évêques et archevêques ont annoncé la création d'une nouvelle communion qui aura son propre clergé et ses séminaires, contestant l'autorité du chef de l'Eglise anglicane, l'archevêque de Canterbury Rowan Williams, selon le site internet de la Conférence pour un futur anglican mondial (Gafcon).
Les dissidents, qui disent représenter 35 millions de fidèles soit presque la moitié des anglicans dans le monde, affirment cependant que leur initiative n'est pas un schisme mais la création d'"une Eglise dans l'Eglise" destinée à faire avancer la réforme de l'intérieur.
L'Eglise anglicane subit de profondes divisions depuis l'ordination et la consécration en 2003 de Gene Robinson, un Américain ouvertement homosexuel, comme évêque du New Hampshire.
La plupart des évêques africains et de nombreux autres anglicans conservateurs contestent la ligne libérale envers l'homosexualité de l'archévêque de Canterbury et ce qu'ils estiment être un biais occidental.
Les anglicans dissidents accusent certains religieux occidentaux de diffuser un "faux évangile" et estiment que l'Eglise anglicane n'a pas su faire respecter les "principes moraux bibliques" qu'elle avait réaffirmés en 1998.
La déclaration de Jérusalem rejette "l'autorité des églises et des dirigeants qui ont renié la foi orthodoxe en parole ou en action".
Cette déclaration remet ainsi en cause radicalement la primauté de Canterbury, siège historique de l'anglicanisme.
Cette initiative signale également "le passage de la plupart des anglicans pratiquants du monde à une réalité post-coloniale, où l'archevêque de Canterbury est reconnu pour son rôle historique mais pas comme l'unique arbitre de ce que cela signifie d'être anglican", relève un communiqué accompagnant la déclaration.
Le siège de l'Eglise anglicane n'avait pas réagi à cette annonce lundi matin.