La cour constitutionnelle a outrepassé ses fonctions en annulant un amendement proposé par le Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir et largement approuvé par le parlement en février dernier, a affirmé M. Toptan au cours d'une conférence de presse.
Cet amendement autorisait les femmes à porter le foulard islamique dans les établissements universitaires.
"Cette décision soulève des questions sur la séparation des pouvoirs. Elle suscite de profondes inquiétudes concernant le développement de notre démocratie", a estimé M. Toptan.
"Je pense que c'est l'occasion de débattre d'une nouvelle constitution et d'un système bicaméral", a-t-il ajouté. "Un tel système réduira le poids qui pèse sur la cour constitutionnelle et lui permettra de travailler plus confortablement", selon lui.
M. Toptan a précisé qu'il allait réunir prochainement les principaux responsables politiques pour discuter des conséquences du verdict.
Mais pour Deniz Baykal, le chef de la principale force d'opposition, le Parti du peuple républicain à l'origine de l'action en justice contre l'amendement, une modification de la loi fondamentale est une mauvaise idée.
"Changer la constitution serait la pire des choses à faire dans la situation actuelle tendue", a-t-il fait valoir à la télévision.
Le parlement turc était composé de deux chambres sous la constitution adoptée en 1961 mais est redevenu unicaméral avec la constitution votée en 1982, fruit du coup d'Etat militaire de 1980.
Le verdict, rendu jeudi par la Cour constitutionnelle de Turquie, annule un amendement très controversé à la loi fondamentale autorisant le voile dans les établissements universitaires. La Cour a jugé qu'il portait atteinte au caractère laïc du pays inscrit dans ce texte.
Selon l'AKP, l'interdiction du voile à l'université est une violation de la liberté de conscience et du droit à l'éducation.
Les forces du camp laïc, en premier lieu l'armée, les juges et les universitaires, considèrent en revanche le voile comme le symbole d'un islam politique et une violation de la séparation de l'Etat et de la religion.