Près de 200 musulmans ont été contraints vendredi dernier de prier en plein air, au coeur de la cité de l'Elsau. Jetés hors de la cave qui leur sert de mosquée par les orages de la nuit. « Les égouts ont débordé : nous avions 20 cm d'eaux usées dans toute la mosquée », témoigne Mustapha Allali, porte-parole de la Mosquée et président de l'association Ciel, gestionnaire du lieu depuis 1989. Samedi, les fidèles ont passé la cave au nettoyeur haute-pression, jeté les tapis, enlevé les excréments et désinfecté. Dans l'après-midi, le deuxième orage a réduit leurs efforts à néant. « Les WC sont bouchés. Une odeur pestilentielle flotte dans les locaux. Il va falloir remettre à neuf. Refaire les lambris, la peinture, tout », se désole Mustapha Allali, tout en colère contenue. « Le Crédit Mutuel nous a dit qu'il ne prendrait pas le sinistre en charge parce que ça ne rentre pas dans le cadre de la garantie dégâts des eaux », regrette-t-il. (*)
« Nous voulons construire un lieu de culte à l'Elsau »
Au-delà de ces difficultés, l'association souhaite trouver une solution pérenne à un problème récurrent. « Ces incidents se répètent à chaque gros orage. Le local s'est déjà retrouvé inondé en 2005 et en 2007. Ça suffit, c'est indigne ! estime Mustapha Allali. Nous avons déjà demandé à la précédente municipalité de nous reloger en appartement ou dans des préfabriqués. En vain. Fini les solutions bancales : nous voulons construire notre lieu de culte à l'Elsau. » Pour l'adjoint de quartier, Eric Elkouby, il faut parer au plus pressé avant de discuter d'un projet. « J'ai reçu une vingtaine de membres de l'association, je leur ai dit que je trouverai une solution pour la prière de vendredi », précise l'adjoint. La Ville a ainsi proposé à la mosquée de lui prêter, exceptionnellement ce vendredi, le gymnase voisin du collège Hans-Arp. Une offre déclinée par Mustapha Allali : « C'est loin pour les fidèles et nous n'aurons pas le temps de prévenir tout le monde. » Quant à l'avenir de l'association, Eric Elkouby se veut ouvert : « Une fois que nous aurons un dossier, nous pourrons réunir autour d'une table la Ville, la mosquée et les services concernés. L'erreur première, c'est de les avoir mis dans une cave. Chacun doit pouvoir exercer librement son culte dans des conditions satisfaisantes », affirme l'adjoint. En attendant une solution de court terme et le début d'éventuelles discussions sur l'avenir de leur mosquée, les fidèles prieront en plein air les vendredis quand la météo le permettra.