ALGER, 2 juin 2008 (AFP) - Le président du Haut Conseil islamique Cheikh Bouamrane a dénoncé des activités évangéliques clandestines contre l'islam et réaffirmé que l'Algérie n'était "pas hostile" aux chrétiens, dans un entretien publié lundi par le quotidien arabophone al Khabar.
Cheikh Bouamrane, islamologue et ancien doyen de la faculté d'Alger, a rappelé que la loi controversée de février 2006 réglementant le culte des non-musulmans "stipule que la liberté de conscience est garantie, y compris pour la minorité chrétienne".
Mais, souligne-t-il, "le mouvement d'évangélisation porte atteinte à l'islam, ce qui est inacceptable parce que l'islam est la religion d'Etat et la religion de la majorité des Algériens".
"Le mouvement d'évangélisation se caractérise par une activité clandestine portant atteinte au saint coran et à la sunna du prophète" Mahomet, a-t-il estimé.
Plusieurs procès sont en cours en Algérie contre des convertis accusés de prosélytisme religieux parmi les musulmans, dont ceux intentés à Habiba Kouider, 37 ans, et six jeunes à Tiaret (sud-ouest d'Alger).
"Ce que la loi demande aux chrétiens comme aux musulmans est d'exercer leur culte d'une façon transparente, dans des lieux prévus à cet effet et d'appartenir à un association religieuse agréée", a-t-il ajouté.
"Il n'y a de mouvement hostile aux chrétiens (en Algérie), comme le prétendent certains, mais il faut que l'islam soit respecté dans un Etat musulman, comme le christianisme est en contrepartie respecté dans un Etat chrétien", a poursuivi Cheikh Bouamrane.
Le président du Haut Conseil islamique a accusé "certains responsable de l'Eglise réformée évangélique de (...) chercher à semer la +fitna+ (dissidence religieuse) au sein des enfants du même peuple. Leur objectif politique lointain est de forger une minorité alliée avec certaines institutions étrangères. C'est une forme de néo-colonialisme qui se drape de la liberté de conscience".
"Nous croyons au dialogue de civilisations, de cultures et de religions (...) et nous espérons être traités de la même manière par les autres", a-t-il conclu.