Le chantier de la mosquée du Heyritz devait reprendre le 15 janvier. Mais depuis rien n'a bougé rue Averroès. A ce détail près : l'entreprise en charge des travaux, Karl König - France, a démonté sa grue. « Le chantier devrait reprendre à la fin du mois. Si tout va bien, la grue sera remontée vendredi », assure néanmoins Fouad Douai, gérant de la SCI Grande Mosquée de Strasbourg, maître d'ouvrage. Javier Palancares, gérant de Karl König, se montre plus prudent. Joint par téléphone, il confirme que « les travaux vont reprendre », mais refuse d'en dire plus sur tout autre point. Notamment pour ne pas nuire aux « négociations » en cours dans le « conflit » qui oppose sa société et la SCI. De fait, le chantier fait du surplace depuis plus de trois mois en raison d'un différend financier et technique. « Nous avons refusé une facture de 800 000 € nous semblant excessive. Et un sous-traitant qui manifestement ne faisait pas l'affaire pour la construction de la charpente métallique », précise Fouad Douai. L'affaire est allée assez loin puisque les deux parties ont eu recours à leurs avocats pour trancher le litige.
Fin des hostilités ?
Fouad Douai assure en tout cas que « les hostilités ont pris fin en mars » avec la « signature d'un avenant ». Il reconnaît cependant que le paiement d'indemnités de retard fait encore débat - Karl König ne veut pas en entendre parler, la SCI se réserve le droit d'aller en justice. « Nous ne sommes pas au bout de nos peines. Normal, c'est un gros chantier et la collecte se poursuit parallèlement à son avancée. C'est un stress pour tout le monde », concède Fouad Douai. Il insiste : la situation financière de la SCI n'a rien à voir dans ce retard. « Ce chantier n'aurait jamais dû s'arrêter. A ce jour, la SCI a été exemplaire. Elle a réglé toutes ses factures rubis sur l'ongle. Sa solvabilité n'est pas en cause », souligne-t-on à la SERS - la société d'économie mixte de la Ville assiste la SCI dans la maîtrise d'ouvrage. Au total, le montant des travaux réalisés - et payés - approche les 2,9 millions d'euros pour un projet évalué à 6,3 millions d'euros. Une collecte nationale vient de prendre fin. Deux aumôniers sont en ce moment au Moyen-Orient pour collecter des fonds au profit de la SCI, qui espère notamment une donation de la Syrie. En visite à Strasbourg en début d'année, le cheikh Ahmad Badreddine Hassoun, plus haut dignitaire musulman du pays, a assuré les porteurs du projet de son soutien.