
| Droits de la femme/Egalité des chances - 17-04-2008 - 20:05 |
La religion n'est pas à l'origine des atteintes aux droits humains; c'est la culture patriarcale - et non pas le Coran - qui est source de discrimination envers les femmes musulmanes. Tel est le constat fait lors d'une audition organisée par la commission des droits de la femme du PE, ce jeudi.
"la religion, la culture et la politique ne devraient pas être mêlées" au risque de créer des malentendus, a déclaré Anna Zaborska (PPE-DE, SK), en ouverture de l'audition. Elle a souligné que le Parlement européen peut offrir à cet égard, un espace de dialogue objectif entre les cultures. Le Coran mal interprété "Au cours des siècles, la culture patriarcale a créé autour des textes religieux une trame serrée d'interprétations tronquées inter-corrélées qui réduisent le statut de la femme musulmane à celui de quelqu'un de rang inférieur", a estimé Azizah Y. al-Hibri, professeur à l'Université de Richmond (Etats-Unis). Comme d'autres intervenants, elle a relevé que le Coran traite les hommes et les femmes de manière égale et reconnait spécifiquement toute une série de droits qui ont part la suite été niés aux femmes dans certaines sociétés musulmanes. Le judaïsme et le christianisme ont aussi eu des approches patriarcales, a noté Emma Nicholson of Winterbourne (ADLE, UK). "Comment se fait-il que la tradition et la culture soit aussi éloignées de la religion?", s'est interrogé Edit Bauer (PPE-DE, SK), soulignant que les sociétés séculières doivent aussi faire face à certains problèmes, notamment en matière d'héritage et de propriété. Intégration dans les pays hôtes Luisa Morgantini (GUE/NGL, IT) a mis en garde contre les problèmes dérivant de l'aliénation des immigrés dans leurs pays d'accueil et a souligné la nécessité d'améliorer les conditions économiques, en écho à Marie Panayotopoulos-Cassiotou (PPE-DE, EL). "L'ignorance engendre la peur et multiplie les préjugés", a relevé Ana Gomes (PSE, PT). Plusieurs intervenants ont souligné que l'Islam ne pardonne pas la violence, conjugale ou autre. Les crimes d'honneur ne sont pas tolérés, le meurtre est puni et les pays musulmans n'acceptent pas eux non plus les mutilations génitales subies par le sexe féminin, ont-ils martelé. Egalité juridique et de fait L'égalité juridique formelle est sapée par les lacunes de l'égalité de fait, a affirmé Shaheen Sardar Ali, Dr à l'université de Warwick et ex-présidente de la commission nationale du statut des femmes au Pakistan. Assurer l'égalité d'accès des filles et des garçons à l'éducation, et des hommes et des femmes aux soins de santé, font partie des mesures majeures qui favoriseront l'égalité de fait, a-t-elle ajouté. "Ce qui concerne la vie des femmes, c'est la gouvernance des communautés", a indiqué Mme Ali, qui a exposé les expériences vécues dans la province frontalière du Nord-Est du Pakistan où, a-t-elle dit, "les contacts et l'interaction entre une multiplicité de normes ont une incidence négative sur les normes d'égalité entre hommes et femmes". En synthèse de l'audition, Anna Zaborska a déclaré : "La situation des femmes musulmanes doit être évaluée à l'aune de ce tout que forme leurs conditions de vie et non pas seulement à la lumière de quelques éléments isolés. Se borner à condamner le Coran ne résoudra pas les problèmes que connaissent les femmes et les solutions prêt-à-porter sont à éviter".
Audition publique sur la situation des femmes musulmanes -- 17 avril 2008
14/04/2008 Commission des droits de la femme et de l'égalité des genres Présidente : Anna ZÁBORSKÁ (PPE-DE, SK) |